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Um verdadeiro livro Memoira. O teu vai parecer-se com este.

De mes mains

por André Roullet

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O filme

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Um pequeno filme desta vida, a partir das fotografias deste livro.

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Infância · anos 1940

Capítulo 1 · 29/06/2026

Une ferme de la Bresse et ses poules. Illustration.

La ferme de la Bresse, l'odeur du foin et du pain, et un grand-père qui parlait peu mais montrait tout.

Je suis né dans une ferme de la Bresse, là où les champs sont bas et où le ciel prend toute la place. La maison était longue, en pisé, avec une cheminée si large qu'on aurait pu s'asseoir dedans. L'hiver, c'est là qu'on vivait, tous serrés autour du feu, et l'été on vivait dehors, du lever au coucher. Mon père comptait plus sur le ciel que sur l'almanach. Il regardait l'horizon le matin et il savait s'il fallait faire les foins ou attendre. On avait des vaches, quelques cochons, et les poules de Bresse que ma mère soignait comme des princesses, parce que c'était elles qui rapportaient l'argent du marché. Je revois encore ma mère leur parler en patois en leur jetant le grain. Ce que je garde le plus, c'est les odeurs. Le foin coupé qui sèche, ça sent le sucre et la poussière en même temps. Le pain que ma grand-mère faisait une fois par semaine dans le four à bois, et qu'on n'avait pas le droit de toucher avant qu'il ait refroidi, ce qui était une vraie torture. Le lait tiède le matin, l'étable l'hiver, la soupe qui chauffait toute la journée au coin du feu. Quand je ferme les yeux, ces odeurs reviennent avant les images. Mon grand-père parlait peu. Il me prenait avec lui aux champs et il me montrait, sans expliquer. Comment tenir une faux pour ne pas se fatiguer le dos, comment reconnaître une terre bonne d'une terre fatiguée rien qu'à la couleur. Il disait qu'un homme qui sait travailler de ses mains ne sera jamais tout à fait perdu. J'ai pensé à cette phrase toute ma vie, et j'y pense encore, surtout maintenant. On n'était pas riches, mais je ne me suis jamais senti pauvre. Il y avait toujours à manger, il y avait le travail, et il y avait les dimanches où ma mère mettait la nappe propre. Pour un enfant, c'était un monde entier.

Capítulo 2 · 29/06/2026

Une cuisine de ferme à la lampe, la nuit. Illustration.

Les années de guerre vues par un enfant de la Bresse: les voix basses, l'assiette en plus, et le maquis dont on ne parlait pas.

J'étais petit pendant la guerre, mais on n'oublie pas ces choses-là. Dans l'Ain, il y avait le maquis, dans les bois et sur les plateaux. On ne disait pas le mot devant les enfants, mais on le sentait partout. Certaines nuits, des hommes passaient. Ils frappaient deux coups, puis un, à la porte de la cuisine. Mon père ouvrait sans allumer. Ma mère mettait une assiette de plus sur la table, une soupe, du pain, parfois un bout de lard qu'on gardait pour ça. Les hommes mangeaient vite, sans enlever leurs vestes, et ils repartaient avant le jour. Le matin, l'assiette était lavée et rangée, et personne ne posait de questions. J'avais compris très tôt qu'il y a des choses qu'on fait sans en parler. Une fois, des soldats allemands sont venus à la ferme en plein jour, pour les bêtes. Mon père est resté calme, les mains posées bien à plat sur la table, et il a répondu lentement, comme s'il avait tout son temps. Je me souviens d'avoir tenu la jupe de ma mère si fort qu'elle a dû me la faire lâcher après. Ils ont pris un cochon et ils sont partis. Mon père n'a rien dit ce soir-là, mais il a posé sa main sur ma tête, et ça valait tous les mots. Quand la Libération est arrivée, j'ai vu des hommes pleurer pour la première fois. Des hommes durs, des paysans, qui ne pleuraient jamais. Il y a eu des drapeaux à Bourg, des chansons, du vin sorti des caves où on l'avait caché. Je ne comprenais pas tout, mais je comprenais que quelque chose de lourd venait de tomber des épaules de tout le monde. On m'a demandé, aux ateliers, de raconter cette époque. C'est curieux, les dates m'échappent parfois maintenant, mais ces nuits-là, les deux coups puis un, l'assiette en plus, ça je le retrouve sans effort. Il paraît que c'est normal, que ce qui a fait battre le coeur s'accroche plus fort.

Juventude · anos 1950

Capítulo 3 · 29/06/2026

L'établi et les outils d'un menuisier. Photo: Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

Devenir menuisier, l'odeur du copeau, et des mains qui se souviennent encore des gestes quand la tête hésite.

Juventude · anos 1960

Capítulo 4 · 29/06/2026

Un bal de village un soir d'été. Illustration.

Le bal du 14 juillet, une robe bleue, et Denise qui a dit oui pour une danse avant de dire oui pour la vie.

Vida adulta · anos 1960

Capítulo 5 · 29/06/2026

La maison et son jardin potager. Illustration.

Construire une maison de ses propres mains, élever trois enfants, et un jardin qui a nourri tout le monde.

Mais tarde na vida · anos 2020

Capítulo 6 · 29/06/2026

La lettre d'une fille à son père. Illustration.

Comment ce livre est né, pendant les ateliers mémoire de mon père avec France Alzheimer Ain, et pourquoi nous l'avons fait sans attendre.

Capítulo 7 · 29/06/2026

Les mains d'un menuisier, après une vie de travail. Illustration.

Une lettre à mes petits-enfants: sur le travail des mains, sur le courage, et sur le fait de me raconter tant qu'il est temps.